L’art de péter les plombs
On reconnait généralement mon tempérament bouillant. Généralement souriante, les gens me croient angélique, jusqu’à ce qu’ils soient témoins d’un soudain débordement. Comment gérer ces accès de colère?
Heureusement pour mon entourage et pour moi-même, les colères sont devenues moins fréquentes au fil des ans. Néanmoins, j’ai une liste de petits trucs qui me donnent littéralement envie de frapper.
Les gens qui tentent d’entrer dans le métro avant que les passagers en soient débarqués. Puis, les ados qui se ruent sur le seul banc libre, bousculant une grand-mère au passage. Les cyclistes indisciplinés sur la piste cyclable. L’impolitesse, de façon générale. Le manque de civisme, un mal généralisé à notre époque. Ceux qui travaillent avec le public et qui affichent un air bête. Le télémarketing. Les labyrinthes téléphoniques. L’incompétence.
Comment retenir la gifle, l’insulte, ou le coup de poing verbal? Comment, aussi, arriver à se faire respecter par les impertinents et malotrus? J’ai essayé différentes stratégies.
Serrer les dents et laisser faire : Ça évite la confrontation et les coups de sang, mais c’est mauvais pour la mâchoire. En plus, c’est mauvais pour la relation de couple, puisque la pression est généralement évacuée lors du premier faux pas de la tendre moitié. Il arrive aussi que cela se déverse sur la caissière du dépanneur qui échappe le change, ou sur un objet qui offre de la résistance et qui adoptera une trajectoire balistique…
Faire remarquer le problème : C’est risqué. J’ai une liste d’anecdotes sur cette stratégie, dont celle du civisme extrême. Ce qu’elles ont en commun, c’est l’engueulade. Peu importe que vous vous infligiez la torture de dire les choses le plus poliment possible et avec le sourire, vous vous exposez à ce que votre interlocuteur soit plus disjoncté que vous.
La respiration profonde : Fonctionne environ 3 fois sur 10. On peut aussi essayer de compter jusqu’à 10 (ou même 20 dans les cas critiques). Mais si l’irritant se prolonge (un sac à dos qui vous accroche constamment, une personne qui mâche bruyamment sa gomme la bouche ouverte…), n’essayez même pas.
Relativiser : L’une de mes stratégies les plus efficaces. Il y a deux variantes. La première est de tenter de prendre une distance et de voir la situation d’un autre point de vue, en ce demandant si c’est si grave… Et d’essayer de trouver ça drôle. Ça fonctionne dans bien des cas. La deuxième est de prendre le point de vue de notre tortionnaire. Imaginer que sa journée a été bien pire que la nôtre. Lui construire une histoire qui justifie son attitude. Et si ça ne marche pas, le tourner en ridicule… dans l’imaginaire. Il est impératif de ne pas passer aux actes!
Toutes les stratégies du monde n’arriveront pas à gérer certaines situations extrêmes. Et parfois, une bonne tirade fait tellement de bien.
Ainsi, le jour de pluie ou un taxi m’a gratifiée d’une énorme vague d’eau grise, je l’ai rattrapé à la lumière rouge, j’ai ouvert sa portière et je l’ai vertement engueulé, toute dégoulinante, avant de claquer violemment la portière. Il ne s’est pas excusé, mais à l’air qu’il avait, j’ai fait de l’effet. Et j’ai donné un bon show aux passants, qui auraient applaudi s’ils n’étaient pas aussi coincés.
alexisletrotteur a dit,
2 juin 2008 à 9:03
comme dit la chanson: just live and let die
Parce que ca sert souvent a rien de péter les plombs.