Se dire oui en disant non
« Oui, je vais le faire », voilà la réponse spontanée à toute demande. Que ce soit au travail ou avec mes proches. Oui, comme dans « Je suis si flattée que vous me portiez attention, que vous considériez mon travail et mes compétences, que vous jugiez que je suis adéquate pour répondre à vos demandes ». Conséquence : surcharge.
Le non qui semble au départ être l’ennemi peut être apprivoisé. On peut faire l’exercice à la maison. On appuie la langue au palais, on fait vibrer la note dans les fosses nasales et le haut du larynx et on expulse en ouvrant la bouche. NNNON!
Portez attention à cette vibration en début de non. Allongez le n un moment… sentez ce massage de la gorge… Pourquoi donc plutôt que de masser, le mot entier noue-t-il la gorge?
Petit à petit, j’ai fait quelques expériences. Première étape, ne pas répondre tout de suite. « Je vais y penser, donnez-moi quelques instants. » Quelques instants (ou quelques jours) pour penser à ce que la demande représente, implique, à ce qu’on ressent à l’idée de réaliser la tâche. Pas à la réponse, mais à la tâche et à soi. « Tiens donc. Je n’ai aucune envie de faire ce qu’on me demande. » C’est souvent ce qui s’impose dans ces « quelques instants ».
Étape numéro deux : pourquoi? Pas le temps. Pas dans ma description de tâche. Je n’aime pas faire cela. Je crois que quelqu’un d’autre le ferait mieux. Je crois que quelqu’un d’autre le ferait aussi bien et a plus de temps pour le faire. Si je prends le temps de le faire, d’autres tâches plus importantes en souffriront. Si je prends le temps de le faire, autre chose qui me ferait plaisir en souffrira…
Troisième étape : pourquoi dire oui? Ou encore, qu’est-ce qui arrivera, selon moi, si je dis non? Vous commencez à me connaître, vous devinez sûrement une partie des réponses.
Enfin, l’ultime étape, passer à l’acte. Quelques règles à suivre.
1- Sentir que la personne est réceptive avant de commencer.
2- Donner la réponse sur un ton qui n’est pas agressif, mais néanmoins ferme et posé.
3- Donner une réponse simple : « Ce que tu m’as demandé, non, je ne pourrai pas le faire. » Attention au piège : ne pas se justifier! Pas tout de suite! Souvent, la personne dira, simplement que ça va, elle trouvera quelqu’un d’autre.
4- Si on demande pourquoi, ne pas se dégonfler. On se justifie de façon sincère et affirmée. Le piège est de se justifier sur un ton qui trahit votre pensée de perfectionniste : j’impose un caprice.
Bon, j’admets que c’est tout un art et que je ne suis pas encore « parfaite » dans mes refus! Mais il faut l’essayer pour comprendre que l’apocalypse ne se produit pas après qu’on ait prononcé ce petit mot de 3 lettres.
Et quand vous en ferez l’essai, prenez le temps ensuite de vous féliciter, d’apprécier cette petite victoire. Et vous pouvez même vous flatter un peu, au cours de la journée, en pensant : « Et dire que j’aurais pu avoir cela de plus à mon horaire… quel soulagement! »