Ma norme ISO personnelle

17 mars 2008 at 8:49 (Témoignage)

Un jour, je cuisinais avec ma sœur. Nous préparions des petits canapés de pâte feuilletée. Au bout d’un moment, mon copain vient piquer une bouchée et s’informe comment ça se passe. « Ben, je pense que je vais laisser l’étape du découpage à Miss ISO, parce que mes canapés ne sont sûrement pas aussi droits et égaux que les siens » lance ma sœur.

Miss ISO? Moi? Je regarde les canapés. Ils sont tout identiques en largeur comme en longueur. Ceux qui n’étaient pas droits ont été éliminés dans un petit tas honteux à ma droite.

Depuis, le surnom m’est resté. Quand j’applique ma norme personnelle de qualité, mon copain m’appelle souvent Miss ISO. Quelques exemples :

-         faire une liste d’épicerie toute bien droite;

-         couper mes légumes très réguliers et les déposer dans le bon ordre dans une assiette avant de les passer au wok;

-         plier mes t-shirts exactement de la même largeur avant de les ranger (quand je les range…);

-         préparer mes cartes de souhait avec un soin et une précision micrométrique;

-         toujours en cuisine, couper à la main des tranches si fines que les gens pensent que j’ai une mandoline;

-         sur la tête de mon copain, remarquer LE cheveu qui a échappé au clipper et ne pas pouvoir m’empêcher de le couper.

Bon, on ne parle pas de mon travail professionnel… Parce que la norme ISO est encore pire dans ce cas. Même quand c’est informel. Même quand ce n’est pas important. Je ne peux pas, par exemple, supporter de voir deux polices de caractère dans un même paragraphe après avoir fait un copier-coller.

Si je juge sévèrement ce que font les autres? Selon vous?

2 commentaires

  1. Marie-Chaton a dit,

    26 mars 2008 à 11:11

    J’ai une norme ISO qui parfois, bien trop souvent, m’empêche de faire les choses pcq je veux les faire parfaitement et ça implique un stress épouvantable. Plier le linge en est un très bon exemple. Comme toi, je fais des piles en ordre de grandeur et de couleur, les débarbouillettes toujours pliées dans le même sens… et je ne les range pas souvent pcq ca m’écoeure de devoir défaire mes belles piles toutes bien alignées pour les redistribuer dans des tiroirs ou des armoires qui ne sont pas parfaitement rangés faute de place et ou pcq j’y ai cherché quelque chose en catastrophe (je suis toujours à la dernière minute le matin). Aussi je deviens « angoissée » ou agacée quand j’arrive sur des vêtements trop souples qui ne se plient par parfaitement ou qui glissent ou qui sont stretch ou de forme irrégulière… bref, je les laisse en tas dans le panier qui prend des dimensions hors du commun. Ma psy essaie de raisonner en me faisant comprendre que le stress que je vis en pliant ces vêtement est surement bcp moins grand que celui de voir mon panier toujours plein et vivre dans la culpabilité…

  2. deuxiemetiroir a dit,

    26 mars 2008 à 12:13

    Les standards de qualité sont si envahissants! Et même si on finit par réaliser que les autres s’en foutent, on ne peut s’empêcher de porter ces petites attentions pour se satisfaire soi-même. Y a-t-il pire juge que le perfectionniste envers lui-même?

    La performance déborde du cadre professionnel et chaque petit écart est ressenti comme un manquement. Un exemple banal mais qui illustre bien cela: le reproche du micro-ondes. Mon four à micro-ondes rappelle 1 minute après la fin de la cuisson qu’il a fini son travail mais que les aliments sont toujours là. Il m’est arrivé combien de fois d’entendre ce ding-ding comme “Qu’est-ce que tu fais? T’es pas assez vite! Tu as mal évalué ton “timing”… tu as perdu le contrôle de la cuisine ou quoi?”

    Quand la préparation d’un repas devrait être fluide comme une chorégraphie des Grands Ballets…

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