Printemps imaginaire
Aujourd’hui, je me sens toute en émotions. Pas triste. Juste à vif. Tout me fait réagir. Une image, un texte, une musique… On dirait que je ressens mon univers x1000.
J’ai essayé de me concentrer sur du travail très rationnel. Niet. Rien à faire, j’y passais 5 minutes et je me relevais, prête à me laisser imprégner par une autre vague de sentiments forts.
D’habitude, quand ça m’arrive, je me sens plutôt accablée. Mais pas aujourd’hui. Je suis plutôt légère. Mais ces émotions me captivent. J’ai envie d’y plonger et de les observer.
Et je me sens un peu comme une enfant désobéissante qui ne fait pas ses devoirs. J’ai à peine touché mon travail de toute la journée, avec une insouciance surprenante.
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J’ai navigué d’un blog à l’autre et j’ai été frappée par l’engourdissement de la fin de l’hiver. Tout le monde aurait besoin d’un électrochoc. Ou plutôt d’une journée de mai. Vous savez ces journées où il fait juste assez chaud, à la fin du printemps. On enfile un pantalon léger et un t-shirt, on apporte une petite veste pour les moments à l’ombre.
Ces jours-là, je pars au parc Jarry et je m’installe près du lac. Les canards se font la cour et les écureuils… font les poubelles. Comme d’habitude. J’apporte de la lecture, juste pour avoir bonne conscience, mais je n’y touche presque pas. Mes papiers sont délaissés au profit du spectacle des mamans qui amènent leur bébé au parc. Leur premier été.

Et le soleil. Cette odeur de pain chaud qu’il donne à la peau.
Et ce sentiment de liberté, de pouvoir être là alors que tous les autres sont au bureau. Ça doit être à cause de ce petit air frivole que ces jours-là les gens me demandent encore en quoi j’étudie… alors que j’ai terminé mon baccalauréat il y a 10 ans…
Oui, c’est de moments comme ceux-là dont tout le monde a besoin.
Hier, j’ai surpris un rayon de soleil dans mon salon en après-midi. J’ai tassé ma grosse plante qui en profitait égoïstement. Je me suis assise par terre, de la lumière plein le visage, les yeux fermés. Pendant quelques minutes, j’entendais presque les canards. J’avais les pieds dans le gazon frais et la tête au repos.
Quand j’ai ouvert les yeux, j’ai été éblouie par la blancheur de la neige. J’ai passé le reste de l’après-midi à magasiner un voyage au Mexique…